Réflexion sur le plurilinguisme

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Anne-Claude Berthoud, Université de Lausanne : Regards croisés sur un plurilinguisme à inventer.

 Problématique :

Comment l’étude du plurilinguisme en Europe serait un atout pour le développement scientifique, culturel et économique de l’Europe ?

Résumé :

Dans cet article l’auteur remet en question l’usage de l’anglais comme langue de communication. D’après elle le monolinguisme de la communication scientifique est un véritable danger car en utilisant l’anglais comme langue de communication nous avons tendance à coller nos représentations telles quelles sans chercher à les interroger. Or il ne faut surtout pas perdre les occasions de les interroger.

Essayer de comprendre une autre langue permet de se rendre compte de l’arbitraire des signes. Pour éviter ce que l’auteur nomme le « prêt à penser » et le « prêt à parler », il faut confronter les langues dans leurs différences.

Les différents points de vue sur les objets, particulièrement scientifique, est une richesse que nous perdrions en adoptant seulement l’anglais comme langue d’échanges. Ainsi du « prêt à penser » nous passerions à une « pensée unique » et un « savoir unique ».

Pour éviter cela il est important de se concentrer sur les incompréhensions, les décalages linguistiques. Prendre en compte les différences des langues permettrait d’inscrire les objets de science dans un « développement durable » ce qui contribuerait à la formation d’un projet durable et de qualité.

Cependant attention de ne pas tomber dans l’effet inverse qui serait de « faire l’éloge de la différence radicale » et de nier le standard. Il faut plutôt trouver ce que l’auteur appelle une « standardisation épaisse » c’est-à-dire d’analyser un objet dans un environnement plurilingue afin de comprendre les sens que les langues partagent ou non afin de développer la connaissance que nous avons de ces objets.

A la suite de cette analyse les scientifiques seraient en mesure de sélectionner le mot dont le sens désigne le mieux l’objet en question. Cette manière de « jongler » avec les mots nous protégerait de l’idée que les mots sont transparents et nous empêcherait de faire l’amalgame entre le mot et la chose.

Ainsi le plurilinguisme permet de comprendre de quelle manière la langue et le discours construisent l’objet de connaissance.

Réflexion :

Il est intéressant de voir comment cet article remet en question l’idée de l’anglais comme lingua franca dans un contexte plurilingue. Dans le cas de l’Europe cette réflexion prend effectivement tout son sens.

L’Europe qui se caractérise par sa richesse et sa diversité culturelle et linguistique, est à la recherche d’une certaine unité. Cette unité pourrait-elle passer par la langue ? Comment créer un espace commun de communication en Europe ?

Ces deux questions nous amène à réfléchir à l’idée d’une éducation plurilingue. Comme l’auteur le souligne, une langue est une « médiation symbolique ». En plus de transmettre des informations à travers des signes arbitraires, la façon dont nous construisons notre discours structure notre rapport au monde et aux autres.

Ainsi, apprendre une langue étrangère nous permet de comprendre l’arbitraire du signe, de nous détacher de notre façon de penser et de nos représentations et d’approcher une autre culture par la compréhension de la façon dont elle structure le monde. Il faut faire l’expérience de la diversité des langues pour ne pas être enfermé dans une seule langue étrangère, dans un seul type de discours. Ces compétences plurilingues permettent le développement de valeurs de tolérance de respect vis-à-vis de l’altérité. Par conséquent, une éducation plurilingue permet le développement d’une pluriculturalité de l’individu.

De cette réflexion découle la nécessité de créer une place à l’enseignement plurilingue dans les curriculums éducatifs.

Bibliographie:

Jean-Claude Beacco, Michael Byram, Marisa Cavalli, Daniel Coste, Mirjam Egli Cuenat, Francis Goullier et Johanna Panthier (Division des Politiques linguistiques): Guide pour le développement et la mise en œuvre de curriculums pour une éducation plurilingue et interculturelle.

Stephan Breidbach, Université de Bremen : Le plurilinguisme, la citoyenneté démocratique en Europe et le rôle de l’anglais.

Bruno Maurer, Editions des Archives Contemporaines : Enseignement des langues et construction européennes. Le plurilinguisme nouvelle idéologie dominante.

Ma biographie langagière

Après avoir rédigé un document Word pour ma biographie langagière, je me suis ravisée et ai décidé d’être plus originale et de créer une Mindmap interactive. C’est la première fois que j’utilisais les outils MindMap et Thinklink. J’ai beaucoup apprécié le côté ludique des deux outils.

Cliquez ici pour accéder à ma biographie langagière.

 

Ma biographie langagière

 

Le chinois

C’est la première langue dont je parlerai, car c’est la langue la plus complexe que je sache parler, celle qui m’a demandé le plus d’efforts et car la Chine est le pays dans lequel je vis aujourd’hui.

J’ai commencé à étudier le chinois à l’université en France. Après 2 ans d’études je suis partie en Chine une année. Cette année à été réellement axée sur l’apprentissage du chinois, ce qui m’a permis de me rendre compte de la place qu’occupait cette langue dans ma mémoire vive, ma mémoire à court terme. En effet, à cette époque là, communiquer en anglais m’était très difficile voir impossible. Les mots me venaient en chinois mais très difficilement en anglais. Pour être capable d’apprendre le chinois il faut y accorder d’une part beaucoup de temps et de motivation, mais également énormément de « place de stockage dans la mémoire ». Du moins d’après mon expérience.

Je suis ensuite rentrée en France et ai eu l’occasion de trouver un emploi dans une école chinoise ce qui m’a permis de continuer à progresser et surtout à ancrer et imprimer des structures de phrases dans ma mémoire à long terme naturellement réemployable aujourd’hui.

Maintenant je parle chinois correctement mais malheureusement je n’ai pas l’occasion de l’utiliser autant que je le voudrais.

L’anglais

L’anglais à toujours été une bataille plutôt douloureuse. C’est assez difficilement compréhensible sachant qu’on est entouré par l’anglais à travers les chansons, les films, les séries,… Je pense que mon appréhension venait de « mauvais souvenirs » liés à mon expérience d’apprentissage.

J’ai vraiment commencé à parler anglais car j’y étais obligé. Après mon premier passage en Chine pour apprendre le chinois je suis revenue dans le cadre de mon travail. Une de mes très proches collègues était anglaise, vivait à côté de chez moi et ne parlait pas du tout chinois. Nous nous sommes très vite rapprochées et avons passé une année à nous serrer les coudes car nous vivions dans une « petite » ville de Chine. Les premiers mois ont été difficiles, elle avait de plus un accent du nord pas simple à comprendre, les moments d’incompréhension étaient bien réels mais les franches rigolades qui s’en suivent l’étaient également. Au fil du temps nous avons appris à nous entendre et j’ai appris à apprivoiser une langue qui me faisait peur. De plus, j’ai à cette époque appris à faire le lien direct entre chinois et anglais et inversement, sans avoir à repasser automatiquement par le français.

Aujourd’hui j’utilise l’anglais dans ma vie quotidienne et tiens facilement une conversation en anglais, bien que, pour en ayant encore fait l’expérience hier, lorsque je suis entourée de natifs, cela devient tout de même difficile de tout saisir.

L’espagnol

L’espagnol était la langue que je parlais le mieux lorsque j’étais encore étudiante, mais l’apprentissage du chinois effacé le lien direct que j’avais aux mots. Aujourd’hui je suis encore capable de parler espagnol mais cela me demande énormément de concentration et surtout beaucoup de temps pour trouver mes mots. Néanmoins je pense qu’avec un peu de pratique je serais capable de communiquer en l’espace de quelques mois. La langue est toujours là, il faut juste y faire appel et réactiver les connaissances. De plus, n’ayant plus la volonté de continuer à progresser en chinois, cela me « libère » pour me remettre à l’espagnol.

Le français

Je vais finir avec ma langue maternelle. En effet, elle est très présente pour moi dans le sens où c’est l’objet de mon travail. Je vis à l’étranger depuis quelques années mais parle français tous les jours. Ainsi je ne pense pas pouvoir un jour « perdre mon français » si je continue la profession qui est la mienne.